Manifeste

Manifeste

Nous, membres de l’Association Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF) portons depuis plus de cinq ans la voix des fleuves. Ecoute des parties prenantes au plus près des besoins, réflexion collective, sensibilisation et accompagnement des territoires pour des solutions durables et adaptées : nous avons su tisser des liens entre continents, entre expertises et entre usagers des fleuves. Car, si chaque fleuve est unique, ils font tous face aux mêmes défis du dérèglement climatique, de la pollution et des pressions humaines pour puiser toujours davantage leurs eaux. Car, partout dans le monde, les fleuves, ici délaissés, là vénérés, sont une partie intégrante de la vie des territoires et de leurs habitants, comme des partenaires au quotidien.

Notre constat est sans appel, les fleuves sont vulnérables et, tous, plus fragilisés. Il est urgent de le comprendre et d’agir pour les sauver, préserver leur avenir (et le nôtre !).

Nos convictions

  • Le fleuve, un vecteur d’identité : depuis toujours, les villes se sont développées autour des fleuves qui les relient. Elément structurant des paysages et de l’aménagement territorial, le fleuve entretient une histoire commune avec les populations, rythmée par ses crues, des légendes, des exploits industriels et aventures humaines. Il faut garder cette mémoire collective et associer les citoyens pour bâtir des projets de développement durables autour des fleuves, pour les utiliser.
  • Le fleuve, un projet de territoire : le fleuve irrigue les territoires qu’il traverse en créant de la valeur. Il sert les villes en eau potable, les cultures en eau et les industries. Il offre énergie et mobilité décarbonée. Il abrite une riche faune et flore. Afin qu’il continue de rendre ces multiples services, il est nécessaire de maintenir son unité. Fonctionnelle, par une gestion intégrée de ses usages pour mieux les concilier ; géographique en se plaçant à l’échelle du bassin versant, au-delà des frontières territoriales et nationales.
  • Le fleuve, une entité vivante qu’il faut comprendre : le fleuve est un écosystème vivant, donc complexe et dynamique. Il évolue naturellement au gré des sédiments transportés, de ses débits…. Il subit également les bouleversements causés par les Hommes. Il est indispensable d’accroître l’effort pédagogique pour faire prendre conscience de sa fragilité, développer une culture du risque et forger le vivre-ensemble autour des fleuves. Et, pour ceux qui sont les plus menacés, leur reconnaître des droits capables de mieux les protéger.
  • Le fleuve, un lien entre terre et océan : le fleuve n’existe pas seul, il interagit avec sa source, ses affluents, la mer dans lequel il se jette. Un destin commun lie les gouttes d’eau du glacier, des rivières, des sols qui se mélangent dans le fleuve jusqu’à l’embouchure et l’océan, puis s’évaporent dans le grand cycle de l’eau. De la santé des fleuves, dépend celle des mers et océans et il est essentiel d’agir en co-responsabilité, de la source à la mer.
  • Le fleuve, un allié essentiel pour le monde de demain : miroir de nos sociétés, le fleuve est au cœur de toutes les transitions nécessaires : énergétique, sanitaire, urbaine, agricole, environnementale. En alliant différents savoirs pour la connaissance la plus juste et en ouvrant la concertation sur le partage de l’eau, il est possible de trouver dans les fleuves les solutions pour le monde de demain, voire de les transformer en laboratoires d’innovation, face aux enjeux de l’adaptation au changement climatique et de la perte de biodiversité.

Nous engager collectivement pour que vivent les fleuves

Avec la mobilisation Living with Rivers, nous construisons un récit collectif sur les fleuves, qui croisent les regards et rassemblent de nombreuses voix, pour alerter et émerveiller. De ce récit qui retisse les liens perdus avec les fleuves, nous voulons engager une mise en mouvement, pour que la cause des fleuves soit connue et défendue par le plus grand nombre.

Huit priorités doivent orienter nos actions :  

  • Connaître les fleuves en croisant les regards et les savoirs, en réunissant chercheurs, praticiens, décideurs et usagers pour affronter la complexité d’enjeux mêlés et reconnaître la valeur qu’ils créent. Développons la connaissance pluridisciplinaire pour faire face à l’urgence de les protéger.
  • Les intégrer à l’action globale : l’environnement, le végétal et l’animal -dont l’humain- ont partie liée. Les fleuves sont les racines de la mer et ils dépendent eux-mêmes de leurs sources et de ce que les humains en font. Décloisonnons les politiques publiques et relions davantage fleuve, océan, climat, santé et biodiversité.
  • Accepter leur géographie : chaque fleuve s’étend sur un bassin qui se moque des frontières. Y règne une solidarité de fait, physique, climatique, biologique. Soutenons une solidarité politique, une hydro-diplomatie concrète, qui dépasse les intérêts privés ou nationaux et considère les fleuves en tant que biens communs.
  • Les réunifier : un fleuve est un organisme vivant. Par illusoire rationalité, nous avons découpé les fleuves par utilités : l’eau potable, l’irrigation, le transport, la production d’énergie. Retrouvons une logique d’ensemble, qui donne sa part à l’environnement, pour que les fleuves continuent à être au service du bien-être et du développement des territoires.
  • Les respecter : un fleuve n’est pas une poubelle, d’autant plus nocive que mobile et ouverte. Avec les ordures reçues des humains, les cours d’eau ne contaminent pas seulement les sols et nappes alentour, mais la planète entière, comme en atteste la pollution microplastique. Si nous pensons avoir des droits à l’eau, n’oublions pas le droit de l’eau : droit au respect d’abord, droit à bénéficier si nécessaire d’une personnalité pour se défendre, ensuite.
  • Sauver leurs deltas : pris en tenaille entre les menaces venues de la mer et celles venues des terres, les deltas sont à l’avant-poste des dérèglements en cours. Les deltas représentent moins d’1% de la surface de la Terre mais 8% de la population mondiale : tirons le signal d’alarme et concentrons nos efforts pour sauver les deltas et pourquoi pas en faire des laboratoires de l’adaptation au changement climatique ?
  • Prévoir leur rareté : l’ère des climats tempérés s’achève et les phénomènes du trop d’eau et du manque d’eau vont devenir plus fréquents et intenses, alors que les besoins ne cessent de grandir. De notre capacité à économiser et à recycler l’eau, dépendra pour une bonne part la paix des années à venir.
  • Réapprendre à aimer les fleuves : de nombreuses villes se sont réappropriées les fleuves, en réaménageant les berges ou en améliorant la qualité de leurs eaux. Cette réconciliation entre les fleuves et l’espèce humaine commence dès l’école. Apprenons aux jeunes générations à considérer l’eau comme un bien précieux et commun, pour éviter toute nouvelle agression fatale contre la Nature.

Signer le Manifeste Pour que vivent les fleuves

    En signant le manifeste, vous vous engagez à nos côtés pour porter la voix des fleuves et protéger leur avenir. Vous êtes prêt(e) à contribuer à la mise en œuvre des priorités identifiées pour que vivent les fleuves, soit par un engagement personnel ou au sein de votre organisation.

    Et, pour en savoir plus sur les actions menées par IAGF, rendez-vous sur notre site.






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