Les fous du Rhône : cinq portraits hors-normes au bord du fleuve

Qu’ils soient passionnés par l’Histoire que le fleuve charrie ou absorbés par ses évolutions quotidiennes, ces hommes ont choisi de consacrer une partie de leur vie au Rhône. À l’occasion d’une exposition au Musée de la Camargue en 2016, l’artiste Mireille Loup a réalisé le portrait de ces cinq fous (amoureux) du fleuve. Une autre manière, poétique et ancrée, de découvrir le lien intime qui unit le Rhône et ceux qui le côtoient. À visionner avec des lunettes rouge et cyan exclusivement ! 

Fou du Rhône n°1 : Philippe Rigaud, érudit libre 

© Mireille Loup

Historien et médiéviste, Philippe Rigaud est spécialiste de la navigation sur le Rhône au Moyen-Âge. Il passe ses journées dans les archives à trouver des informations sur la navigation, le commerce, les échanges sur le Rhône… Arles au loin sous l’orage, Philippe, une gaffe ancienne à la main, pose devant le Césaire-Bonaventure, une barque aux voiles latines échouée dans le Rhône depuis juillet 2015, après des années de restauration. 

Fou du Rhône n°2 : Otello Badan, l’homme qui voit sous la terre

© Mireille Loup

Otello Badan, ancien garde de la réserve nationale de Camargue, a passé des années à la recherche des anciens cours du Rhône. Il sonde le marais du Vigueirat à la recherche du Canal de Marius ou « fosses mariennes » que le général romain a creusé pendant l’hiver -103-102 avant. J.C. Ce canal a permis aux bateaux de contourner l’embouchure du Rhône d’Ulmet, et d’accéder plus aisément au camp où sont installées les cinq légions mobilisées contre les Cimbres et les Teutons.

Fou du Rhône n°3 : Luc Long, Rhodania Jones (OSS 003)

© Mireille Loup

Luc Long est un archéologue sous-marin et subaquatique, connu pour ses découvertes dans le Rhône qu’il fouille depuis plus de 2000 ans. Il surgit de l’élément liquide et surfe sur cette eau qui, depuis plus de 2000 ans, nourrit la ville qu’il affectionne. Mi-Indiana Jones, mi-OSS, il émerge du chaos de l’histoire en costume trois pièces, avec son carnet de croquis, sa lampe à la main et son masque de plongée sur le front.

Fou du Rhône n°4 : Bruno Schnebelin, Ilotopiste sur le grand Rhône 

© Mireille Loup

Bruno Schnebelin s’est installé en Camargue dans les années 1970 avec la compagnie théâtrale qu’il dirige, Ilotopie. À l’origine du peuplement de l’île inondable située entre Port-St-Louis et Salin-de-Giraud, Bruno et les Ilotopistes habitent avec leurs familles des maisons bioclimatiques flottantes ou submersibles qu’ils ont conçues eux-mêmes.

Fou du Rhône n°5 : Roger Serre, Sentinelle du Rhône 

© Mireille Loup

Roger Serre est arrivé en Camargue à l’âge de 18 ans et n’en est plus jamais reparti.  Ouvrier agricole, il a participé à l’essor de la riziculture avant d’être employé comme aiguadier à la station de pompage d’Albaron. Il passe ses journées à pêcher et à surveiller les frémissements du fleuve qui remplit sa vie. Il y est tous les jours ! Même à 90 ans, il vient dans son cabanon sur les bords du Rhône, avec ses chats et ses escargots… C’est son lieu de vie, il ne peut pas s’en détacher. Il raconte sa jeunesse dans la Camargue, au service de l’agriculture, pour cette station, et qui explique à quel point le Rhône lui parle tous les jours. Il voit à la surface, au frémissement de l’eau, la crue qui arrive…

Merci à Estelle Rouquette, Conservatrice du Musée de la Camargue, pour ces précieuses présentations.

Pour en savoir plus sur l’exposition

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